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Paul Cézanne

Paul Cézanne

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  • Description

    Il faudrait faire appel à Valéry pour situer Cézanne à sa vraie place. Au cœur d’une lumière qui est celle de l’esprit. Une conscience aiguë de sa vitalité essentielle face à la montée des ombres. Cézanne n’eut à lutter que contre sa propre vitalité, celle qui lui inspirait d’orgiaques visions, où les plaisirs de la chair – et ceux de la table – se mêlaient pour atteindre cette intensité fortement localisée, crucifiée sur un morceau de terre, un paysage : la Sainte Victoire. Il y revient inlassablement parce qu’elle est le concentré de cette lumière dure, et scandée en facettes géométriques, qui vient de la Grèce antique. Point d’ombre en ce monde. Cézanne l’en a chassée. C’est à son approche de l’Impressionnisme qu’il le doit. Les Impressionnistes n’étaient point des spéculateurs de l’angoisse. Trop attachés à l’aspect miroitant et dynamique des choses pour s’enfoncer en leurs complexes profondeurs et leurs contradictions. Le cubisme, l’abstraction, peuvent se réclamer de lui. Il a ouvert la voie à toutes les synthèses portées vers l’absolu. La reconnaissance de la peinture pour elle-même se suffisant de ses effets propres. De sa matière. Il est significatif qu’il soit le peintre le plus simplificateur de son art et en même temps le plus énigmatique. Allant vers l’essence de la peinture, il en fortifiait les pouvoirs, mais, malgré lui, il en dénonçait les limites. N’est-ce point de lui avoir accordé les pleins pouvoirs qu’il a porté la peinture à se retourner sur elle-même, et avouer ses limites, son impuissance ? Cézanne serait-il alors l’apprenti sorcier de cette course fatidique vers la non-peinture ?

    Source : ACR
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